Organisation 2.0 Le knowledge management nouvelle génération – Martin Roulleaux Dugage3 min read

De quoi ça parle

L’auteur présente, à travers le récit de nombreuses initiatives, comment il est possible de mettre en place des dispositifs de capitalisation des connaissances (knowledge management) en organisant des communautés de pratiques aux seins des grandes sociétés ou des regroupements d’entreprises.

Il explique comment l’innovation naît de la collaboration en interne de groupes d’experts qui échangent leurs connaissances. Où le tout est bien supérieur à la somme des ses parties. Cependant pour que cette collaboration fonctionne il faut la mettre en place un environnement de confiance, savant mélange de :

  • méthodes afin de structurer les échanges pour que ce qui en résulte soit efficacement réutilisable
  • liberté pour les membres des communauté afin de susciter ce bouillonnement propice à l’innovation et au tissage de liens

Ce qu’on a particulièrement aimé

Bien que l’édition que nous avons lue date de 2008, elle nous donne paradoxalement du recul. A l’époque, nous n’étions pas encore submergés comme aujourd’hui par un nombre incalculable de nouveaux outils informatiques collaboratifs, tous plus innovants les uns que les autres et dépassés la semaine suivante. A l’heure où est écrit cet article, nous sommes en pleine crise du corona virus qui voit se compter les logiciels de visio-conférences par dizaines (et de qualité douteuse pour certains).

Ainsi il permet de revenir aux méthodes d’échanges entre pairs : les communautés de pratique. Et il explique par le menu comment mettre en place ce système de gestion des connaissances. Ainsi, en partant de cet usage, il est imaginable aujourd’hui d’en décupler l’efficacité en le couplant aux application web pour une collaboration mondialisée.

Ici aussi on peut établir un parallèle avec la crise sanitaire mondiale. Par exemple un masque de plongée français est détourné pour être utilisé sur les respirateurs artificiels des patients en détresse respiratoire. Une pièce d’adaptation est alors conçue en Italie et ses fichiers sont largement et librement diffusés sur Internet. Les particuliers possédants des imprimantes 3D s’en saisissent et mettent en place des chaînes de productions d’échelle afin de fournir leurs hôpitaux locaux.

Citations choisies

Le management court-termiste – dit “pragmatique” – est toujours peu ou prou fondé sur l’effort, car le surcroît ponctuel d’énergie apporte toujours des résultats positifs incrémentaux sans qu’il soit nécessaire de se poser de questions de fond.

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[La confiance] est à liée à l’idée de gratuité : on fait confiance dans la mesure où l’on ne se sent pas instrumentalisé par l’autre et mis à son service.

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Lou Gestner : aucune institution ne s’engage dans un réel processus de transformation culturel sans avoir le sentiment d’être en grand danger et sans être intimement convaincu de la nécessité d’adopter de nouvelles façons de travailler.

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Toute la question de l’éducation est de rendre cette double boucle d’apprentissage la plus rapide possible. L’instruction est une voie possible, à condition que l’institut “comprenne”, c’est-à-dire que l’instruction qui lui [l’élève] est proposée entre bien dans ses schémas de référence mentaux. Si ce n’est pas la cas, cela ne marche pas, et il est décroche. Ainsi, l’enseignement n’est pas une panacée : c’est une expérience d’apprentissage comme une autre, à laquelle différentes personnes peuvent réagir très différemment. Apprendre reste un acte de libre arbitre, et il n’y a pas de “meilleure pratique” d’apprentissage.

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